30 avril 2015

Faire pousser sa nourriture - 1/3

Bonjour tout le monde ! 

Je vous l'avais promis, le blog prend une nouvelle tournure et je vais aborder aujourd'hui avec vous le sujet de la culture de ses propres légumes. 

Note à l'attention de tous les lecteurs vivant en appartement : restez ! Cela vous concerne aussi ! :)

En effet, nul besoin d'avoir un grand jardin et des tas de machines agricoles pour faire pousser ses légumes. Je vais vous faire part de toutes mes astuces pour faciliter la production de végétaux, même en appartement ! Le but de cette série d'articles est de vous proposer un contenu simple d'accès, une sorte de "potager pour les nuls" afin que chacun puisse profiter du plaisir de ses légumes maison :)

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PLAN DE LA SÉRIE D'ARTICLES

Faire pousser sa nourriture - 1/3

Introduction : pourquoi faire pousser sa nourriture ?
Le choix des variétés à faire pousser
Le choix des graines
Faire ses semis
Maximiser ses chances de réussite

Faire pousser sa nourriture - 2/3

Obtenir de beaux plants
Techniques d'enrichissement
La mise en terre
Les affinités entre les plantes
L'apport en eau

Faire pousser sa nourriture - 3/3

L'entretien des plants jusqu'à la production
Définitions et techniques de base
Lutter contre les parasites
La récolte
Conserver ses graines pour l'année suivante

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Introduction : pourquoi faire pousser sa nourriture ?

Une question dont la réponse est évidente : quoi de mieux que de bénéficier au quotidien de sa propre production de légumes, récoltés 5 minutes avant d'être consommés, sans traitement chimique, des variétés que vous seul avez choisies ? 

En plus de cet avantage considérable, faire pousser sa nourriture permet de faire de substantielles économies d'argent : un kilo de tomates bio vous coûtera 2€ chez votre producteur. Si vous vous débrouillez bien, c'est ce que vous en coûtera la production d'au moins 3 à 4 kilos en cultivant vous-même. 

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la production et la récolte de ses végétaux ne sont pas réservées aux professionnels, et même un parfait débutant peut s'en sortir honorablement avec sa première culture. À condition de respecter certaines règles de base, de respecter les plantes que l'on souhaite voir pousser, et d'être bien organisé. 

Au niveau du matériel, il n'est pas non plus nécessaire d'être équipé dernier cri pour y arriver. Il existe de nombreuses astuces récup' pour diminuer ses frais de culture, vous verrez que les résultats sont tout aussi satisfaisants !

Le choix des plants à faire pousser

Il existe plusieurs critères qui détermineront les plants que vous ferez pousser. Selon que vous vivez en appartement ou en maison avec jardin, que vous disposez d'un balcon ou non, le choix s'orientera vers des légumes différents. Il est primordial de prendre en compte les exigences de la plante avant de se lancer. Rassurez-vous, ce n'est pas très compliqué. 

Le second critère qui entre en ligne de compte est bien entendu votre goût. À quoi bon faire pousser des betteraves si personne n'aime ça ? Privilégiez pour commencer vos légumes préférés, cela vous motivera d'autant plus pour réussir leur culture. Si vous êtes totalement débutant, contentez-vous de quelques légumes, environ trois la première année, vous augmenterez petit à petit. Chaque espèce de légume nécessitant des soins qui lui sont propres, ne multipliez pas trop vite le niveau de difficulté au risque de vous décourager. Car chaque plant demande du temps, autant simplifier les choses au maximum. 

Culture en pots

Qu'on se le dise, si vous n'avez pas de balcon, les choix seront limités. Cependant, tout n'est pas perdu : les aromatiques poussent très bien en pots à l'intérieur. Vous pouvez tenter quelques pots de tomates, à disposer devant une fenêtre bien exposée. Vous pouvez également semer des radis dans des jardinières, des fraises dans des suspensions ou encore des salades en pots.

Si vous avez un balcon, vous pourrez ajouter à la liste des plants faciles mais plus volumineux, comme les courgettes, les poivrons ou même les betteraves.

Astuce : Il existe de plus en plus de services d'échanges entre particuliers, certains proposant la mise à disposition de leur jardin à des mains vertes qui le cultiveront. N'hésitez pas à vous renseigner si ce genre d'option vous tente !

Culture en pleine terre

Cette option vous permet un plus vaste choix de variétés. Haricots, concombres, pois, choux... Vous pouvez pour ainsi dire "tout" faire, mais cela dépend de la nature de votre sol et de votre expérience. En général, les informations de culture sont inscrites sur les sachets de semences, référez-vous y pour connaître les plantes adaptées à votre région et votre sol. 

Le choix des graines


Voilà un autre point qu'il faut prendre en considération lorsqu'on se lance dans le potager. En effet, toutes les graines ne se valent pas.
On en trouve très facilement dans le commerce, les jardineries ou même les magasins bio. Mais comment savoir lesquelles acheter ?

Il faut savoir que les graines vendues par les grands semenciers peuvent être stériles, c'est-à-dire qu'il est impossible de récupérer les graines du fruit de notre récolte pour les semer l'année suivante, elles ne germeront pas. Les graines d'hybrides F1 quant à elles, pourront germer l'année suivante mais comme elles sont issues d'un croisement entre deux variétés, le brassage génétique vous donnera un mélange entre les caractéristiques des parents F1, et celles des grands-parents... Impossible de prévoir ce que l'on obtiendra en deuxième génération. Heureusement, il existe à la vente des semences biologiques non stériles et non hybrides : Kokopelli est l'association la plus connue, mais les petites entreprises qui vendent des semences de qualité sont nombreuses. Il existe également des plateformes d'échanges gratuits de graines, comme Graines de troc.

En plus de proposer des graines fertiles, les variétés disponibles sont extraordinaires : on est loin des tomates St Pierre, Marmande et Monika des grandes surfaces ! Chez eux, vous aurez l'embarras du choix à tel point qu'il est même parfois difficile de s'y retrouver parmi toutes ces variétés. Par chez moi, le groupe Biocoop revend les semences de Kokopelli, ouvrez l’œil !

Personnellement, je me fournis principalement chez eux pour ces deux raisons. Mais il m'arrive parfois d'acheter des semences "conventionnelles" pour dépanner... Dans ce cas, je les choisis de qualité biologique.


Lorsque vous achetez un sachet de graines, il vous en est bien souvent fourni beaucoup plus que ce dont vous aurez besoin pour une année. Le restant doit être conservé à l'abri de l'humidité, de la lumière et de la chaleur, idéalement dans une petite boîte hermétique. Le respect des règles de bonne conservation des graines est très important pour garantir leur germination l'année suivante. Sinon... échangez-les ! :)

Faire ses semis

Vous avez choisi vos plantes et vous êtes procuré vos graines : il est temps de passer au semis !
Je vous parle de cela car c'est l'option la plus économique, mais si vous le souhaitez (ou si vos semis sont ratés, ou si vous vous y êtes pris trop tard, ou si vous avez la flemme, etc), pour certaines variétés, vous pouvez vous rabattre sur les plants prêts à mettre en terre vendus dans les jardineries. C'est une solution plus rapide et moins contraignante, mais aussi nettement plus chère. Attention, elle n'est pas disponible pour tous les légumes !

Matériel nécessaire

- vos graines
- du substrat
- des pots
- de l'eau

Vous pouvez vous procurer des gobelets en plastique pour faire office de pots. Option beaucoup moins chère que les pots spéciaux pour les semis, elle est même plus pratique à mon sens, si vous optez pour les gobelets transparents, et idéale pour les débutants pour de nombreuses raisons énoncées ci-dessous.

En ce qui concerne le substrat, des terreaux "spécial semis" sont disponibles dans le commerce, mais en plus d'être chers, rares sont ceux que l'on peut utiliser en agriculture biologique. La majorité des graines se développeront très bien dans un terreau horticole ou mieux, un mélange maison composé de 7 parts de terreau horticole, 2 parts de sable (pour un bon drainage et alléger le substrat) et une part de perlite (petites billes blanches qui absorbent l'eau et maintiennent une bonne humidité au substrat). Veillez à choisir des terreaux utilisables en agriculture biologique.
Si vous avez un compost, préparez vous-même votre terreau de semis en mélangeant une part de terre du jardin et une part de compost.

Comment procéder ?

Il vous suffit de remplir vos pots de substrat, et d'y semer vos graines. Selon les plants, il faut semer à la volée (saupoudrer la terre de quelques graines), ou enterrer les graines. Ces précisions sont indiquées sur les sachets de semences. Semez toujours environ 30% de graines de plus que vos besoins : certains plants se développeront mieux que d'autres et c'est ceux-là qu'il faudra garder. Certaines graines ne germeront pas du tout, pensez-y. En moyenne, semez deux à trois graines par pot/gobelet, selon les espèces. Pour les aromatiques, il faut en semer plus pour obtenir un petit bouquet.

Si vous avez opté pour l'option gobelets transparents, vous pouvez les annoter au marqueur : nom de la plante, date du semis, date théorique de levée. Cela vous permettra de vous y retrouver quand tout aura germé. N'oubliez pas de les ajourer au fond, afin que l'eau ne stagne pas !


Quand tout est semé, arrosez copieusement.

Les jours suivants, il faudra arroser rigoureusement : ni trop (risque de pourrissement des racines), ni trop peu (risque d'assèchement fatal). Tant que les graines n'ont pas germé, il ne faut pas hésiter à les tremper, mais dès que les premières racines se sont développées, attention ! Pour ne rien rater, arroser quotidiennement de toutes petites quantités d'eau, ou au contraire, deux arrosages plus copieux par semaine. Le substrat doit être humide, mais pas détrempé. Autre avantage des gobelets transparents !

Astuce : fabriquez-vous une bouteille-arrosoir pour réguler facilement le débit d'eau lors de vos arrosages ! Percez de petits trous dans le bouchon d'une bouteille, à l'aide d'une pointe et d'un marteau. Arrosez vos semis avec votre nouvel outil : les petits trous vous permettront de doser efficacement la quantité d'eau distribuée, et vous éviteront d'endommager les premières feuilles grâce aux minces filets d'eau qui s'en écoulent.


Les durées de germination varient de 3-5 jours à une vingtaine selon les espèces. Les graines de cucurbitacées (courgette, concombre) germent rapidement, les aromates sont moins pressés. Quant aux tomates, elles germent rapidement mais leur culture est longue et elle met environ un mois pour ressembler réellement à un plant.

Maximiser ses chances de réussite

Pour que la germination se déroule au mieux afin d'obtenir de beaux plants, voici quelques règles de base à suivre.

Semer au bon moment

Je n'en ai pas encore parlé, mais il est évident que toutes les espèces de plantes ne poussent pas au même moment. Ces informations sont données sur les sachets de semences. En général, pour les légumes d'été (tomates, courgettes, concombres...), procéder aux semis entre mi-mars et mi-mai, en retenant que le plus tôt sera le mieux dans ce créneau, sauf pour les tomates qui pourront être semées plus tôt (à partir de février, au chaud) pour commencer à récolter au moins de juin-juillet. Les poivrons et les aubergines devront quant à eux être largement anticipés, avec des semis précoces dès le mois de janvier/février.

Arroser raisonnablement

Comme détaillé plus haut, l'arrosage, c'est primordial. Retenez bien : ni trop, ni trop peu, de façon à ce que le substrat soit toujours humide et en veillant à ne pas provoquer de brusques variations du taux d'humidité.

Exposer à la lumière

Dès que le cotylédon est sorti (le cotylédon, ce sont les deux premières feuilles du plant), il faut exposer à la lumière pour permettre un beau développement. Derrière une fenêtre, c'est parfait.

Maintenir une température constante

Les graines ont besoin de chaleur pour germer, et les jeunes plants sont très fragiles. Ils ont besoin d'une température avoisinant les 20 degrés. Il est donc nécessaire de les garder à l'intérieur, et de faire attention à ne pas les exposer à de gros changements de température.


Voilà ! Vous disposez maintenant de toutes les infos nécessaires pour réaliser vos semis dans de bonnes conditions. Pour cette année, vous êtes encore dans les temps, mais dépêchez-vous ! Je m'y suis moi-même prise un peu tard, et en plus, j'ai attendu que les premières graines germent pour vous faire des photos... Si vous voulez semer pour cet été, ne tardez plus !

La suite au prochain épisode ! :)

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